Flashback

Retour sur un événement, un salon, une exposition...

 

2014 | >> Accéder aux archives

Au banc des concurrents du MPU 2014

Samedi 15 novembre 2014 

Au jour J du concours Du Mobilier Pas Urbain pour nos villages, ils sont huit créateurs à présenter leur banc qui bouge. Dans l’ordre de passage : Alain Niepceron, métallier (Indre et Loire), Aurélien Lemire et Marie Thureau, créateurs de mobilier (Yonne), Aurélie Brunet, designer et Thierry Grall, métallier (Indre et Loire) Laurent Garreau, chaudronnier sculpteur (Indre et Loire) Michèle Saint-Rémy, sculpteur (Loiret), Maxime Coache et Victor Lacaille, concepteurs paysagistes (Loir et Cher) Emmanuel Geffriaud, architecte et designer (Alpes Maritimes), Bénédicte Rousset et Antoine Minguy, designers (Finistère).

A 9 heures 30, à Blois, dans le grand hall de l’école nationale supérieure de la nature et du paysage, Geneviève Naudin, présidente du jury ouvre le débat.

Alain Niepceron, observe que « la contrainte construit l’exécution »

Dans sa proposition, en prolongement du projet de l’architecte urbaniste Jean-Michel Willemotte et du paysagiste Gilles Clément pour la mise en paysage d’une place de 300 m²  à Uzerche en Corrèze, Alain Niepceron  imagine que ses bancs devront participer au souvenir  du labeur local d’hier ; dès sa première visite, il constate que les traces de l’industrie papetière restent encore encombrantes dans la ville. Sa réponse en écho, les poutrelles UPE  – souvenir de l’usine et du travail –  serviront de structure à ses bancs ; les assises seront traitées en bois de robinier – une illustration végétale du paysage de la région  – Un projet à suivre, puisqu’il sera présenté prochainement  à la ville d’Uzerche.

Pour Aurélien Lemire et Marie Thureau, « une ligne claire invite à repenser… »

Le projet d’Aurélien Lemire et Marie Thureau est un simple banc en béton fibré à ultra hautes performances (BPUHP). Son intérêt : la démarche des concepteurs et le rendu qui en découle. Pour Aurélien et Marie, « le prétendu ‘embellissement’ des communes ne doit pas être synonyme de standardisation, de médiocrité, de perte d’âme ». le béton n’est pas que gris. Il prend dans leur proposition la couleur nécessaire à l’inscription du banc dans le paysage de la commune. La ligne claire et harmonieuse de leur mobilier apporte une esthétique invitant à repenser l’espace social.

Aurélie Brunet et Thierry Grall présentent « Réapprendre à s’assoir ensemble »

Les meubles itinérants des deux créateurs se greffent sur d’autres éléments publics existants et s’intègrent alors complètement au paysage ordinaire du bourg. L’organisation aléatoire des tables et des bancs dans un même espace public provoque les rencontres  et les échanges. Peut-être plus adapté à l’esthétique d’une ville, c’est en tout cas un mobilier « estival » facile à placer et déplacer. Son graphisme évoque la lumière.

Laurent Garreau assure « qu’un banc est un objet social »

Pour Laurent Garreau, « un banc qui bouge, c’est un mobilier confortable, accueillant, flexible, un banc qui sait s’adapter ». Son banc a donc un nom « Bouge ‘Able’ » ; « able, parce que signifie capable en anglais » complète le chaudronnier-sculpteur, et surtout parce que l’origine du mot vient du latin abilem (qui peut être) justifiant les capacités du banc. C’est un banc en acier, pour le possible du recyclage, mais aussi pour une finesse visuelle. Sa forme tronconique et ses deux « roues accoudoirs » lui donnent l’allure d’une balancelle, « donnent l’impression que le banc peut se mouvoir, dans un mouvement perpétuel ».

Michèle Saint-Rémy imagine son banc comme un reflet de rivière

Pour l’artiste, dans le respect des normes du mobilier public, les découpes des bandes d’assise et d’appui permettent les variations, d’affirmer la nature du fleuve. Son banc devient une image, un souvenir, une pensée de la Loire.

L’idée à faire valoir, c’est la boîte à malice de Maxime Coache et Victor Lacaille

Pour les deux paysagistes, le banc qui bouge c’est « BOI-TE », un lot de cinq pièces (un cube et quatre trapèzes), mais aussi une démarche qui propose aux élus des communes de concevoir leur mobilier public en bois d’arbre selon le modèle des créateurs, mais aussi dans la proximité pour la fabrication (les scieries et les artisans locaux). Le coffret à concevoir « BOI-TE » apprend à dissocier, à composer des bancs, des cercles de rencontre, des espaces de jeux avec table, des transats, des podiums… Un vrai jeu de construction pour enfants détourné au profit des plus grands. Une démarche ludique et éco responsable.

Emmanuel Geffriaud invente le banc « Compagnon »

Il est mobile et léger, sobre « pour rester discret et rural, se prêter à tout environnement ». Son ossature est en aluminium anodisé. L’assise et le dossier sont en mélèze pour un confort de l’assise et une résistance aux intempéries. La finition lasure permet de s’approprier le banc en choisissant une teinte qui pourra ainsi être assortie à l’environnement de proximité. Il est aussi un léger clin d’œil aux bancs des écoles des années 70.

Une déclinaison du « Là » est mise en scène par Bénédicte Rousset et Antoine Minguy

Les deux designers conçoivent leur mobilier dans une scénographie tentant d’allier poésie et utilité. Ce qui leur importe c’est le lien à établir entre l’utilisateur et l’espace au quotidien. Dans leur écriture, ils développent une nouvelle charte graphique et signalétique du lieu où va s’installer  leur mobilier. Dans cette démarche, ils déclinent le banc public «  » pour une variation formelle autour des différents usages du banc. « Ici & Là » est un banc pour une discussion à deux. « Là-bas » est un bain de soleil ou banc pour une simple pause. « Tous-Là », est un banc pour la rencontre et « Par-Là », une estrade à dossier pour deux à quatre personnes. La couleur fait le reste.

 

C’était un samedi matin, et pourtant…

A tout concours, son jury. Il était présidé pour l’édition 2014 par Geneviève Naudin, présidente de l’association « Les Jardins de Cassandre » et déléguée pour la Région Centre d’Ateliers d’Art de France. Les membres du jury étaient : Mathieu Julien, architecte et président de La Maison de l’architecture du Centre, Marc Claramunt, paysagiste DPLG et directeur de l’école nationale supérieure de la nature et du paysage,  Isabelle Maincion, Conseillère Régionale et Maire de la Ville aux Clercs (41), Philippe Bonduel, journaliste botaniste, rédacteur en chef du magazine  100 idées jardins, Hervé Bertrix, responsable formation des Jardins de Chaumont, Paule Guérin, designer à l’agence de design et d’écoconstruction Guérin-Breitfuss, Mathieu Fauvette, paysagiste DPLG de l’agence URBAN’ism, Michèle Nicolarena, adjointe à la mairie de Chédigny (37), Véronique Barreau, présidente de l’association « Les Corps singuliers », Xavier Guillon, rédacteur en chef du magazine VILLADéco. Ils ont rencontré les créateurs, écouté, échangé, mesuré, pesé, discuté, argumenté…

 

Et puis, comme dans tout concours, il y a des gagnants

Dans l’ordre d’arrivée, il faut retenir :

· Premier prix : Aurélien Lemire et Marie Thureau, pour leur banc en béton fibré.

· Deuxième prix exæquo : Laurent Garreau avec le banc « Bouge ‘Able’ ». 

· Deuxième prix exæquo : Maxime Coache et Victor Lacaille, pour « BOI-TE », leur coffret pour auto-conception d’un mobilier urbain.

Une belle cuvée 2014. Dans une région un peu inquiète pour son avenir,  Les Bancs qui Bougent ont pleinement participé au mouvement.

 

Texte et photos de Xavier Guillon - Diapoarama crédits photos les concurrents créateurs

Archives