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30/07/2014

La maison sans visage

Un article de Xavier Guillon, illustré par Chrystèle de Saint-Amaux, à paraître dans  Zone Franche du prochain numéro VILLADéco.

Dans les nouvelles façons de concevoir l’espace habité, les façades constituent pour les architectes un lieu privilégié de recherche et d’expérimentation. Pourtant, comme beaucoup d’autres architectes, Candilis constate qu’il n’est pas facile d’en faire accepter l’idée, dès lors qu’il ne s’agit plus d’un concept, mais d’un projet à intégrer dans le paysage.
 

Dans une famille, des parents parlent de leur prochaine habitation. L’enfant qui déjà est habitué à dessiner des maisons toutes en couleurs participe à la conversation car il aimerait que la maison de ses rêves devienne une réalité.

 

            Dis maman, elle sera comment notre maison ?

Elle sera faite pour nous, pour notre famille. Il y aura ta chambre, la nôtre, le salon, la cuisine, une salle de jeu… Et pour le reste, il faut encore y réfléchir, car une maison, il faut bien la penser pour pouvoir mieux l’habiter.

L’architecte Paul Chemetov considère que " l’homme doit aimer sa maison poétiquement, c’est-à-dire créativement".
 

  

Crooked House / Wonderworks / Casa Batilo : des façades à découvrir sur www.fluctuat.premiere.fr

Papa, pourquoi c’est si compliqué de construire une maison ?

Simplement chéri, parce que la conception d’une maison varie avec le jugement, les sentiments et les habitudes de celui qui projette de construire.

L’œuvre architecturale n’est pas qu’un édifice réduit à sa représentation extérieure. Elle répond à une façon d’habiter. Or, des façons d’habiter, il y en a de multiples, toutes personnelles. Elles influent sur l’organisation du dedans, et par conséquence sur l’esthétique et l’allure même du bâtiment construit.

A quoi ça sert un architecte ?

Un architecte, c’est celui qui va faire que ta maison corresponde à tes besoins. Il va lui apporter la couleur. C’est lui qui va faire que ta maison soit comprise.

L’architecte Sandrine Amy complète : " L’architecture rend possible l’apparition du sujet, elle l’extrait du banal et du quotidien plutôt que de l’y noyer et le vouer ainsi à une disparition massive, barbare ".

L’enfant comprend que c’est utile un architecte. Il ajoute : Ma maison, je la veux ronde et rouge !

Cela ne sera pas si simple, car ta maison va s’imbriquer dans un monde organisé. Elle devra être acceptée par les autres. Ta maison va s’ajouter dans le paysage, en bouleverser l’écriture et perturber le passé. C’est difficile de faire admettre la nouveauté.
 

Denis Steinmetz, directeur du Master Couleur/Architecture-espace à l’université Marc Bloch de Strasbourg, évoque dans un article la façon de traiter les façades : " Un conformisme à l’image stéréotypée établit le règne du moins-disant créatif car ce qui est acceptable ne peut être que ce qui est le plus banal. Selon ce principe, la Maison Kammerzel n’aurait pas été peinte, car elle aurait été jugée « non intégrée » dans le site dominé par la cathédrale de Strasbourg, les façades de Steinam Rhein seraient blanches et ces immeubles parisiens, débordants d’ornements sculptés, ne viendraient pas rompre les majestueux alignements haussmanniens de leurs naïves et délirantes fantaisies ".


La maison Kammerzel à Strasbourg

 


Chez l’enfant, la maison s’effondre. Il ne sait pas ce qu’est le conformisme, mais il entend que sa maison n’aura pas de visage.

En 1977, Candilis publie « Bâtir la vie », pour rapporter sa façon de penser l’architecture. Il écrit : " Dans les conditions actuelles, l’architecte ne sert pratiquement à rien ! Pis, il devient un instrument inconscient de la dégradation de l’environnement humain et naturel. En réalité, les architectes travaillent dans le cadre d’une irresponsabilité généralisée, provoquant un habitat d’un formalisme absurde, dicté par des règlements, des normes et des recettes discutables. Un habitat conçu pour des familles imaginaires, artificielles et identiques ".


La Waldspirale à Darmstadt en Allemagne

Les adultes compliquent tout. L’enfant sait que c’est lui qui est le plus utile pour construire la maison : pas d’enfant, pas de maison.

25/07/2014

Audace de Gilbert Rougerie

C’est le nom du luminaire d’extérieur signé par Gilbert Rougerie et édité par RG Design qui a été présenté par le créateur le 3 juin 2014 au Pavillon Anne de Bretagne à Blois.

Pour certains, le luminaire est un squale, pour d’autres, il a l’élégance d’une raie qui suggèrerait de la suivre dans ses eaux profondes.

Sa double fonction de parasol pour les belles journées ensoleillées et de luminaire d'ambiance et d'éclairage pour les soirées sans nuages le destine aux jardins de particuliers, mais aussi aux terrasses d’hôtels et restaurants. Dans une version plus haute, il s’inscrit dans l’esthétique de projets d’aménagements publics.

Tout en dynamique aérienne, la structure est en aluminium ou inox. L'éclairage éclairant et d'ambiance est confié intégralement à un système LED. Le piétement à poser est en acier traité anticorrosion et la stabilité du luminaire est assurée par l'adjonction de 6 dalles en béton peintes en décor.

 

Dimensions du luminaire
Longueur  3,70 m
largeur      2,00 m
Hauteur    2,40 m

Piétement

Piétement à poser 4 ou 6 dalles
Piétement à sceller sur platine
Piétement à sceller enterré
 

Eclairage et voile d’ombrage

Choix du type d’éclairage et de la couleur du voile d'ombrage.
 

Modèle déposé Institut national de la protection industrielle (INPI)
Tarifs sur demande.


gilbert.rougerie@dbmail.com
 

Xavier Guillon

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