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27/06/2014

Un pas en avant ! Réaménagement du haut de la rue Nationale.

Réaménagement du haut de la rue Nationale à Tours. Un avis d’enquête publique est ouvert depuis le lundi 16 juin 2014, jusqu’au 21 juillet 2014. Il porte sur la déclaration d’utilité publique et parcellaire du projet d’aménagement. Le 21 août 2014, aura lieu la remise des conclusions du commissaire enquêteur.

Situation du projet de réaménagement du haut de la rue Nationale à Tours.

Il s’agit d’une enquête des plus techniques, qui n’intéresse ni l’esthétique, ni le paysage. Pourtant, nous avions l’envie d’en parler encore un peu.

Lorsque nous avions écrit au printemps 2012 dans VILLA DECO l’article « Casse-tête urbain » nous n’avions qu’une réflexion sur le projet de transformation du haut de la rue Nationale, que nous trouvions en total désaccord avec le projet écrit par l’architecte Pierre Patout. Il nous paraissait important de le dire, d’autant qu’il fallait souligner que l’esprit de ville-jardin avait été si judicieusement dessiné dans ce projet d’après-guerre.

Cette idée, nous n’étions pas seuls à la partager. La municipalité de Tours l’avait même validée, puisque côté « Paul Bert », en bordure de Loire, on peut encore lire sur un panneau d’information touristique mis en place par les services de la ville : « L’espace ouvert de la Loire permet d’apprécier les caractéristiques identitaires de la silhouette très horizontale de la ville. L’écriture urbaine est rythmée par les édifices remarquables, facilement repérables en tant qu’évènements verticaux.

(…) Le front de Loire bâti comporte une séquence centrale ordonnancée. Celle-ci constitue une entrée de ville monumentale, la place Anatole France, et présente un paysage urbain d’une grande unité architecturale.

Cette composition qui date de la Reconstruction (NDLR : la reconstruction d’après-guerre – vers 1950), est conçue par l’urbaniste Dorian et l’architecte Patout. Le projet exprime clairement la volonté de retrouver l’esprit de l’entrée de ville du XVIIIe siècle et de la place royale attenante au pont, selon un ordre néo-classique d’une grande sobriété, respectant une symétrie générale. Mais il se démarque de la composition du XVIIIe siècle en élargissant l’ouverture de la ville sur la Loire, par l’implantation de deux édifices qui marquent un nouveau seuil urbain : la bibliothèque en amont du pont et son pendant en aval, qui malheureusement ne sera pas réalisé pour des raisons administratives et financières. La rue Nationale, dans cette logique, est conçue en ouverture progressive sur la Loire. L’église Saint-Julien s’en trouve ainsi dégagée ».

Haut de la rue Nationale. Projet en 3D.

Dans la note explicative du dossier présentant le projet d’aménagement du haut de la rue Nationale rédigée par la SET (Société d’Equipement de la Touraine) en juin 2014, la réalisation architecturale de Pierre Patout n’est pourtant présentée qu’en témoignage historique. Il est seulement noté : « Les esquisses proposées par Patout dans un premier temps ont ceci d’original qu’elles n’étaient pas le résultat d’un programme, mais l’idée d’une composition esthétique de l’architecte. En effet, reprenant les plans de masses de Dorian et Lefebvre, Patout propose une élévation de la place Anatole France en parfaite symétrie. Il conserve l’élargissement de la rue Nationale, mais ne reprend pas le thème des deux bâtiments du XVIIIe de part et d’autre de la rue. Il déplace ces bâtiments successivement, sur les quais, puis en retrait, puis légèrement éloignés de l’axe de symétrie, avant de proposer un plan définitif à la fin des années 50 ». En quelques lignes, l’œuvre de Pierre Patout est intégrée à l’histoire de Tours, au passé. On peut pourtant retenir à la lecture du document, une volonté pour l’architecte de marquer la tradition (toitures en ardoises, teinte pierre de tuffeau des façades…), d’inscrire le passé dans l’écriture du nouveau paysage urbain (le positionnement de deux ensembles immobiliers de part et d’autre de l’entrée de la rue, en rappel des bâtiments du XVIIIe détruits par les bombardements), d’ouvrir Tours à la Loire, par la création de promenades hautes surplombant le fleuve (les toits terrasses au-dessus des commerces le long de la rue Nationale) et même d’édifier deux tours plus en bordure des quais pour y abriter une bibliothèque et un centre des congrès.

Qu’y-a-t-il à dire ? Rien. Si ce n’est que le projet de Pierre Patout semble encore très contemporain dans sa composition. Que la deuxième tour prévue dans le dessin de l’architecte aurait pu devenir un hôtel avec « vue imprenable » sur la Loire et sur la ville. Et qu’il n’y avait pas grand-chose à ajouter. Sauf peut-être d’envisager un nouveau dallage de la rue Nationale (c’est fait), d’interdire la circulation aux voitures (c’est fait), de ré-ouvrir et rendre accueillantes les promenades hautes situées dans le haut de la rue Nationale, d’ouvrir les îlots est et ouest aux boutiques, bars et restaurants, d’en empêcher le stationnement aux véhicules et de les paysager : ces deux derniers points étant déjà prévus dans le projet élaboré par l’ancienne municipalité, de même que la réponse au stationnement supprimés (le parking de la faculté des Tanneurs serait ouvert au public). Alors, pourquoi n’a-t-on pas repris les travaux de l’architecte pour en poursuivre l’idée ? Pourquoi vouloir se priver d’un si beau paysage !

 

Ecrit par : Xavier Guillon (VillDéco) - Crédit photo : Ville de Tours | Gaspar Païva (VillaDéco)

 

02/06/2014

PLAY WITH FIRE

À l’origine : une maison de ville traditionelle. Le malheur a voulu qu’elle brûle. Un bâtiment plus stylisé prend sa place. Construire une maison en bois sur une parcelle en cendre pourrait passer pour de l’humour de la part de l’Atelier RVL, mais c’est pourtant un projet de maison contemporaine sérieux qui a été mené. Coulé dans une dent creuse, il revisite la verticalité sur parcelle étroite du particulier.
 

La complicité entre maîtres d’œuvre et maîtres d’ouvrages leur a permi d’aller là où personne ne voulait aller. À force de labeur et d’apero créatifs, ce terrain en friche à fortes contraintes dimensionelles est devenu la source d’idées fusantes. En 2012 à Tours, le numéro 47 devient le particulier particulier de la rue François Richer.

Le caractère inattendu de cette maison ancre la volonté de l’Atelier RVL d’une valorisation de l’architecture au regard de son contexte de situation. Côté rue, le bardage en bois, dévoilant partiellement une baie vitrée, détonne avec les revêtement voisins. Le rez-de-chaussée s’ouvre sur un petit jardin lové dans les anciens murs tagués de la parcelle.

Décliné en demi niveaux, jouant avec des pleins ouverts sur le vide, il déconnecte les sensations de la réalité et optimise les surfaces. Deux blocs percés par des baies intérieures s’opposent frontalement, desservis par un escalier bois en demi volées habillé d’une résille en inox. La montée de l’escalier permet l’accès à des espaces décalés. Le vide et la transparence sont valorisés. On ne sait plus où l’on est: la partie a commencée !

 

 

 

http://www.atelierrvl.com

 

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